La capitale malienne et plusieurs villes stratégiques du pays se sont réveillées dans la stupeur ce samedi 25 avril 2026. Des détonations et des tirs à l’arme lourde ont été entendus simultanément à Bamako, Kati, Gao et Sévaré. Alors que des hélicoptères survolent la capitale, l’incertitude plane sur l’origine de ces attaques au cœur du pouvoir militaire du général Assimi Goïta.

Bamako, Mali – La situation est confuse dans le bastion de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon plusieurs témoins et sources sécuritaires contactés par l’AFP, les tirs ont débuté tôt ce samedi matin, touchant des points névralgiques du pays.

Une offensive coordonnée sur plusieurs fronts ?

Les tirs ne se limitent pas à une zone isolée, ce qui laisse craindre une opération d’envergure :

  • Bamako & Kati : Des détonations ont retenti dans la capitale et à Kati, ville-garnison située à 15 km de Bamako, qui abrite la résidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta. Des hélicoptères militaires ont été aperçus survolant la zone de l’aéroport.
  • Nord & Centre : Des témoins rapportent également des tirs à Gao et Kidal (Nord), ainsi qu’à Sévaré (Centre), ville stratégique abritant une importante base aérienne.

Un contexte de verrouillage politique

Ces événements surviennent dans un climat de forte tension politique au Mali :

  • Mandat prolongé : En juillet 2025, le régime militaire a accordé au général Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire », sans passer par des élections.
  • Répression : Les partis politiques ont été dissous et la presse fait l’objet de mesures restrictives sévères.
  • Mutation sécuritaire : Depuis juin 2025, la force Wagner a laissé place à l’Africa Corps, une organisation sous contrôle direct du ministère russe de la Défense, pour appuyer les Forces armées maliennes (FAMa).

Le Sahel, « épicentre » du terrorisme mondial

Bien que les attaques ne soient pas encore revendiquées, elles interviennent dans une région qui concentre près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde en 2025. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, regroupés au sein de la confédération de l’AES, ont rompu leurs liens avec la France pour se tourner vers la Russie, tandis que le Togo a récemment proposé sa médiation pour servir de « pont » entre ces régimes souverainistes et la communauté internationale.

Pour l’heure, les autorités maliennes n’ont fait aucune déclaration officielle. Le silence de la junte alimente toutes les spéculations sur la nature de ces tirs : s’agit-il d’une incursion jihadiste coordonnée ou d’une tension interne au sein de l’appareil sécuritaire ?

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