Le divorce politique au sein du camp de la rupture est-il en train d’être acté ? La création annoncée du futur parti politique du Président Bassirou Diomaye Faye provoque un véritable séisme à Dakar, ouvrant une guerre ouverte entre deux figures majeures de la mouvance présidentielle : le Premier ministre Ousmane Sonko, leader de Pastef, et Aminata Touré, désignée à la tête de la Task force chargée de bâtir le nouvel appareil du chef de l’État.
Dans une interview explosive accordée au journal L’Observateur, l’ancienne Première ministre a brisé le silence. Entre défense rigoureuse de la légitimité présidentielle, recadrage de l’opposition (APR) et réplique cinglante aux critiques venues de Pastef, « Mimi » Touré assume une ligne de confrontation directe.
⚡ 1. La réplique cash à Ousmane Sonko sur le référendum
Alors qu’Ousmane Sonko aurait qualifié la création de ce parti présidentiel de « distraction politique » tout en émettant des réserves sur la nécessité d’une consultation populaire, Aminata Touré a riposté sans détour.
Le recadrage d’Aminata Touré : « Le référendum aura lieu et il le sait bien. »
Pour légitimer le recours direct au peuple plutôt qu’au vote parlementaire, la présidente de la Task force a sorti la calculette politique et s’est appuyée sur les chiffres des dernières élections législatives :
- La réalité des chiffres : Mimi Touré rappelle que la liste Pastef a engrangé 1 991 770 voix sur un corps électoral de 7 371 890 inscrits, soit 27 % de l’électorat global.
- Le refus du fait accompli : Pour elle, la majorité mécanique des 130 députés de Pastef à l’Assemblée nationale ne peut pas s’arroger le droit de modifier seule le régime constitutionnel du Sénégal sans consulter le peuple.
🏛️ 2. L’officialisation du parti présidentiel au Palais : Mimi Touré assume
Critiquée par l’opposition (notamment l’APR de Macky Sall) pour avoir utilisé le Palais de la République comme rampe de lancement politique d’un parti, Aminata Touré évacue la polémique d’un revers de main. Pour elle, le Palais est le lieu de résidence du président où il gère ses affaires d’État, privées et politiques : « Il ne sert à rien de couper les cheveux en quatre ».
Sur le fond, elle assène une vérité pragmatique : l’idée d’un Président sans parti propre est un « risque pour la République ». L’histoire politique a prouvé que si le chef de l’État n’a pas son propre appareil pour le défendre, les forces alliées finissent par se retourner contre lui.
🤝 3. Bouclier pour les maires transfuges et cap sur les Municipales
Accusée par l’APR d’avoir « piégé » les édiles lors de la réunion au Palais, Aminata Touré dénonce un « manque de respect total envers ces maires », rappelant qu’ils sont des membres fondateurs et actifs de la Coalition Diomaye Président. Elle renvoie l’ancien régime à ses propres contradictions : quand Macky Sall arrivait au pouvoir en 2012, il n’avait que 2 maires (Fatick et Gossas) avant de transhumer massivement le PDS.
Grâce à ces maires ralliés, la coalition présidentielle a pu arracher des départements autrefois imprenables comme Fatick, Dagana et Bakel. Ce maillage sera le socle du parti de Diomaye Faye avec un objectif clair : remporter les prochaines élections municipales.
🤫 4. Tensions Diomaye-Sonko : « Les chiens aboient, la caravane passe »
Accusée en coulisses (avec le ministre Dr Abdourahmane Diouf) d’orchestrer l’éloignement politique entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, Aminata Touré balaie les rumeurs d’une formule tranchante : « Les chiens aboient, la caravane passe ». Revendiquant une loyauté exclusive envers le président de la République, elle rappelle qu’il est illogique d’avoir appelé à voter pour Diomaye pour ensuite tenter de l’empêcher de gouverner souverainement.
