L’affrontement au sommet de l’État a désormais franchi le point de non-retour. Face à l’escalade des tensions entre le Palais présidentiel et la majorité parlementaire, le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, est sorti de son muet pour lancer un appel solennel et d’une rareté absolue. Dans une tribune incisive publiée sur sa page Facebook, l’ancien ministre hausse le ton et réclame la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale par le président de la République Bassirou Diomaye Faye.Invoquant la morale républicaine et les spectres de l’histoire politique du pays, le parlementaire estime que la crise d’autorité dans l’hémicycle menace directement l’équilibre de la Nation.🏛️ 1. Moralité politique et dérive institutionnelle : Le rappel à l’ordreD’entrée de jeu, Abdou Karim Sall place son réquisitoire sur le terrain de la dignité et des valeurs fondamentales qui doivent régir la République :« La politique sans morale devient une lutte pour le pouvoir, dépourvue de toute grandeur. »Le député-maire de Mbao déplore le glissement dangereux du débat d’idées vers une guerre de tranchées purely politicienne. Pour lui, le Parlement ne peut pas être transformé en un terrain de règlement de comptes au détriment des attentes urgentes des populations :« Lorsque le combat politique quitte le terrain démocratique pour se jouer exclusivement dans l’hémicycle, il devient urgent de mettre un terme à cette mascarade afin de préserver la stabilité de notre pays. »📜 2. Le spectre du choc Senghor – Mamadou Dia : L’avertissement de l’HistoirePour prendre la mesure de la gravité de la situation, Abdou Karim Sall dresse un parallèle historique saisissant avec la crise constitutionnelle majeure de 1962 qui avait fracturé le sommet de l’Exécutif sénégalais :Un remake dangereux : « Le Sénégal ne doit pas renouer avec les pages sombres de son histoire, marquées notamment par la dualité au sommet de l’État entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia », prévient-il.Le piège de la majorité mécanique : Dénonçant la récente convocation d’une session extraordinaire perçue comme un coup de force, il assène : « Convoquer une session extraordinaire […] dans le seul but de régler des comptes politiques constitue le pas de trop qu’il ne fallait pas franchir […]. Je demeure convaincu qu’une majorité peut imposer une décision, mais qu’elle ne pourra jamais transformer une faute morale en un acte de justice. »⚡ 3. Appel direct à Bassirou Diomaye Faye : « Acter la dissolution ! »Interpellant sans détour le chef de l’État en sa qualité de gardien de la Constitution et de garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le maire de Mbao rappelle à Bassirou Diomaye Faye ses devoirs récoltés au soir du 24 mars 2024.Face à ce qu’il qualifie de blocage stérile et de menace pour la paix sociale, la solution ne réside plus dans les négociations de couloir, mais bien dans la restitution de la parole au peuple souverain :L’ultimatum républicain : « La dissolution de l’Assemblée nationale n’est plus une option : elle est devenue une obligation. »
