L’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale a viré au déballage budgétaire. Prenant la parole ce lundi à la sortie de l’hémicycle, le député Thierno Alassane Sall (TAS) a porté de très graves accusations contre la gestion financière et administrative de l’institution parlementaire sous la présidence d’Ousmane Sonko, dénonçant un « manque persistant de transparence » et des pratiques contraires au règlement intérieur.
🏛️ 1. Questure court-circuitée et « casage » des militants de PASTEF
Pour le leader de la République des Valeurs, le fonctionnement statutaire de la deuxième institution du pays a été délibérément contourné au profit d’un système de gestion clanique :
- Mise sur touche de la Questure : Thierno Alassane Sall rappelle que, selon le règlement intérieur, la Questure est l’unique organe habilité à rendre compte aux députés des salaires, des voyages et des recrutements. Or, il accuse une frange de PASTEF de se réunir directement en comité restreint avec le président de l’Assemblée nationale pour trancher ces questions en dehors de tout cadre officiel.
- Recrutements partisans : Le parlementaire accuse ouvertement Ousmane Sonko d’avoir détourné la priorité des besoins de l’Assemblée en « casant » des collaborateurs politiques issus exclusivement des rangs de PASTEF, au lieu d’embaucher des assistants parlementaires pour appuyer le travail des députés.
💰 2. L’énigme des « fonds spéciaux » : Un détournement selon TAS
Le député est également revenu sur la controverse qui entoure les lignes budgétaires mises à la disposition du président de l’Assemblée nationale :
Des fonds jamais votés : Thierno Alassane Sall affirme fermement que les « fonds politiques » revendiqués n’ont jamais été soumis au vote formel de la représentation nationale. Selon ses révélations, ces montants auraient été glissés en toute discrétion dans le budget sous la désignation de « fonds spéciaux ».
Pour le parlementaire, l’équation est simple : toute utilisation par le président de l’Assemblée nationale de sommes assimilées à des fonds politiques non votés s’apparente purement et simplement à un détournement de deniers publics.
🛡️ 3. La précision sur la Présidence : Distinguer le Renseignement du Politique
Afin d’éviter tout amalgames dans le débat public, Thierno Alassane Sall a tenu à fixer une frontière nette entre la situation à la Présidence de la République et celle du Parlement :
- Légitimité des fonds de la Présidence : Les crédits alloués aux services de renseignement au niveau de la Présidence de la République sont des fonds réguliers, votés et indispensables à la sécurité nationale.
- Illégalité des fonds parlementaires : Ces fonds de sécurité ne doivent sous aucun prétexte être confondus avec les « fonds politiques contestés » créés sans validation formelle au sein du budget de l’Assemblée nationale.
