Lors de l’examen du budget 2026 du ministère de l’Environnement, la députée Fatou Diop Cissé a choisi de délaisser les questions techniques pour aborder ce qu’elle considère comme l’urgence absolue du moment : la crise qui secoue les universités sénégalaises, en particulier l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).
Dans un discours vibrant, accueilli par des applaudissements nourris de l’hémicycle, elle a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation du climat universitaire : affrontements quotidiens entre étudiants et forces de l’ordre, perturbations des cours, violences sur le campus et tensions croissantes liées au paiement des bourses.
« Quand l’heure est grave, il faut aller à l’essentiel »
« Quand l’heure est grave, le temps de parole aussi doit aller à l’essentiel », a lancé la parlementaire dès l’entame de son intervention.
Elle a souligné que l’accès des forces de l’ordre au campus social, sous réquisition du recteur, « ne devrait jamais rimer avec violence », rappelant que les universités doivent rester des espaces de savoir, de sécurité et de dialogue, pas de confrontation.
Selon elle, les revendications des étudiants sont claires :
- Les Master 1 réclament le paiement intégral de leurs bourses ;
- Les Master 2 protestent contre la suspension brutale de leurs cours, synonyme de rupture pédagogique.
Un appel direct au Président et aux autorités universitaires
Fatou Diop Cissé a exhorté le chef de l’État, le gouvernement et les autorités universitaires à reprendre le dialogue de toute urgence afin d’éviter une escalade dangereuse.
« Il ne s’agit plus de savoir qui a raison ou qui a tort, mais d’éviter l’irréparable. La stabilité du pays est en jeu », a-t-elle insisté, visiblement émue.
Elle a également rappelé que la bourse universitaire n’est pas un privilège, mais un soutien vital pour des milliers d’étudiants :
elle couvre le loyer, la nourriture, les transports et même la poursuite des recherches académiques.
Responsabilité collective et apaisement
La députée a conclu sur un appel solennel à la responsabilité de tous :
« Que Dieu les bénisse. Que Dieu bénisse notre Sénégal. »
Son intervention, largement saluée, résonne comme un cri du cœur à l’heure où le malaise universitaire s’intensifie et où les étudiants attendent des réponses concrètes.
