La nomination de l’économiste Ahmadou Al Aminou Lô à la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye commence déjà à fracturer la majorité. Ce lundi 25 mai 2026, quelques heures seulement après l’annonce officielle du Palais, le bouillant député de PASTEF, Guy Marius Sagna, a publié un réquisitoire incendiaire contre le nouveau chef du Gouvernement. Le parlementaire dénonce une trahison idéologique et une rupture totale avec le projet souverainiste du parti.

Le péché originel de mai 2018 : Le débat sur le Franc CFA

Pour justifier sa colère noire, Guy Marius Sagna a ressorti les archives. Le député se souvient avoir affronté le nouveau Premier ministre sur le terrain des idées, il y a huit ans :

  • Le face-à-face sur RFI : En mai 2018, les deux hommes s’étaient croisés lors d’un débat radio sur l’avenir du Franc CFA. À l’époque, Al Aminou Lô défendait farouchement la pertinence de la monnaie commune ouest-africaine sous la bannière de la BCEAO.
  • Le choc des visions : Pour Guy Marius Sagna, figure de proue de la lutte anti-CFA, installer un défenseur historique du système monétaire actuel à la tête de la Primature est un signal catastrophique envoyé aux militants de la souveraineté économique.

« Un coup d’État contre Pastef et ses électeurs »

Le parlementaire ne mâche pas ses mots et utilise un vocabulaire d’une violence politique inouïe à l’encontre de l’arbitrage du président Bassirou Diomaye Faye. Il n’hésite pas à parler de trahison du verdict des urnes de mars 2024 :

« Cette nomination constitue une rupture de cap, un braquage électoral et un véritable coup d’État contre PASTEF et ses électeurs », a martelé Guy Marius Sagna sur ses plateformes digitales, tout en concédant, dans un mince espoir, « espérer se tromper sur l’orientation prise par l’exécutif ».

Le député exprime de profondes inquiétudes quant aux orientations futures du nouveau gouvernement, redoutant un alignement total sur les positions des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale) au détriment de la rupture systémique promise au peuple sénégalais.

La guerre des clans est officiellement déclarée

Cette sortie fracassante de Guy Marius Sagna confirme que le limogeage d’Ousmane Sonko a ouvert une brèche immense au sein de PASTEF. Elle dessine une fracture nette entre :

  1. L’aile institutionnelle et technocratique alignée derrière le président Bassirou Diomaye Faye, qui mise sur l’apaisement économique et la rigueur financière d’Al Aminou Lô.
  2. L’aile radicale et doctrinaire portée par Guy Marius Sagna et les lieutenants de la première heure d’Ousmane Sonko, bien décidés à transformer l’Assemblée nationale en bastion de résistance dès la plénière de ce mardi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PLUS D'ACTUALITÉS

Diaspora : l’État veut booster l’investissement productif

Le directeur général des Sénégalais de l’extérieur, Abdoul Karim Cissé, a réaffirmé jeudi la volonté des autorités de renforcer l’implication économique de la diaspora dans des secteurs capables de créer

« Champions forever » : Au Stade de France, le Sénégal célèbre sa CAN en dépit de la CAF

Devant une diaspora en délire, les Lions brandissent leur trophée et valident leur titre sur le terrain avec une victoire 2-0 contre le Pérou La tension était palpable, les enjeux

El Hadji Abdourahmane Diouf à Djeddah pour l’Initiative Verte

Les 28 et 29 janvier 2026, El Hadji Abdourahmane Diouf a pris part au 2ᵉ Conseil des ministres de l’Initiative Verte du Moyen-Orient, tenu à Djeddah, en Arabie Saoudite. Représentant