C’est un séisme géopolitique dont les répliques pourraient totalement redessiner le paysage politique sénégalais. Longtemps resté dans une prudente réserve à l’égard des ambitions internationales de son prédécesseur, le président Bassirou Diomaye Faye s’apprête, selon des informations exclusives révélées par le quotidien L’Observateur, à opérer un virage stratégique à 180 degrés. Dakar étudie désormais très sérieusement l’hypothèse d’un soutien officiel et d’une campagne diplomatique active pour porter Macky Sall à la tête de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Ce possible dégel entre le Palais de l’Avenue Roume et l’ancien chef de l’État marque un tournant majeur où la raison d’État et le prestige diplomatique du Sénégal semblent l’emporter sur les rancœurs politiques intérieures.
🌍 1. Les secrets d’une offensive diplomatique : Les consultations en coulisses
L’information, initialement émise par le journaliste Madiambal Diagne et étayée par L’Observateur, montre que la machine étatique sénégalaise est déjà en branle. Loin des postures de neutralité affichées jusqu’ici, le président Bassirou Diomaye Faye a personnellement pris en main le dossier en engageant de vastes consultations régionales.
Le chef de l’État a pris langue avec plusieurs de ses homologues de la sous-région, notamment :
- 🇬🇲 Le président gambien Adama Barrow
- 🇬🇧 Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló
Le but : Sonder les capitales africaines et jeter les bases d’un bloc solidaire derrière la candidature sénégalaise. Mieux encore, une visite imminente de Macky Sall à Dakar est murmurée dans les cercles du pouvoir pour des échanges directs et physiques avec le président Faye, afin de sceller définitivement cette alliance sacrée à l’international.
🏛️ 2. L’effet « Libération de la Primature » : Le facteur Sonko s’estompe
Comment expliquer un tel retournement de situation alors que le camp présidentiel promettait encore récemment de reddition des comptes ? Pour les analystes politiques, l’explication tient en deux mots : le calendrier et les hommes.
| Avant mai 2026 (Cohabitation tendue) | Juillet 2026 (Nouvelle configuration) |
| Ousmane Sonko au poste de Premier ministre. | Ousmane Sonko est à la tête de l’Assemblée nationale. |
| Pression maximale pour des poursuites judiciaires contre l’ancien régime. | La Primature est occupée par le technocrate Ahmadou Al Aminou Lô. |
| Neutralité froide de Dakar face aux ambitions de Macky Sall. | Priorité aux impératifs d’État et à la normalisation des relations. |
Comme le souligne l’enseignant-chercheur Demba Guèye dans les colonnes de L’Observateur, l’éviction d’Ousmane Sonko de la Primature en mai dernier a considérablement fait baisser la pression politique et judiciaire qui pesait sur Macky Sall. Libre de ses mouvements et moins menacé à l’intérieur, l’ancien président redevient un interlocuteur fréquentable pour le Palais.
🤝 3. L’analyse des experts : Un calcul « gagnant-gagnant » pour le Sénégal
Pour l’analyste Régis Hounkpè, ce choix est dicté par le pur pragmatisme diplomatique. Le Sénégal, vitrine démocratique de l’Afrique de l’Ouest, a tout intérêt à placer l’un de ses fils au sommet de l’échiquier mondial. Un soutien officiel de Dakar donnerait une impulsion décisive à la candidature de Macky Sall, déclenchant un effet domino pour aligner le reste du continent africain.
Par ailleurs, ce parrainage offre des bénéfices mutuels colossaux :
Pour Macky Sall : Il efface définitivement les stigmates de sa fin de mandat tumultueuse et revient au pays par la plus grande des portes : celle de la diplomatie multilatérale.
Pour Bassirou Diomaye Faye : En se comportant en homme d’État transpartisan, il renforce sa stature internationale, pacifie l’espace politique interne et s’assure qu’un succès de Macky Sall à l’ONU rejaillira positivement sur son propre magistère.
🔮 Vers une reconfiguration totale d’ici 2027
Si ce derrick diplomatique se confirme, il s’agira d’une rupture historique. Alors que le bras de fer fait rage à l’Assemblée nationale entre le Palais et les députés de PASTEF, le président Diomaye Faye choisit de jouer la carte de l’apaisement avec l’ancien régime de l’APR. Une manière subtile mais puissante de s’isoler du radicalisme politique et de rebattre les cartes à l’approche des élections locales de 2027.
