L’hommage rendu au « Pape du Sopi » pour ses 100 ans cache-t-il une manœuvre politique de grande envergure ? Pour de nombreux observateurs, dont le sociologue Alioune Badara Kandji, la célébration du centenaire de Me Abdoulaye Wade par le Président Bassirou Diomaye Faye marque la fin du dogmatisme et l’entrée dans l’ère de la « Realpolitik » au sommet de l’État.
Dakar, Sénégal – Au-delà du symbole mémoriel, la main tendue vers l’héritage de Me Wade semble répondre à des impératifs stratégiques précis pour le nouveau pouvoir.
🧩 La stratégie de l’élargissement : Cap sur le PDS
En célébrant le bâtisseur du Sénégal moderne, Bassirou Diomaye Faye envoie un signal fort au Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Selon l’expert Alioune Badara Kandji, le chef de l’État cherche à :
- Sortir de l’isolement : Affirmer son propre poids politique dans un contexte de cohabitation parfois complexe au sein de l’exécutif.
- Capitaliser sur l’expérience : Le PDS, bien qu’en transition, reste un vivier de cadres expérimentés et une machine électorale historique.
- Opérer une synthèse : Fusionner la ferveur patriotique du Pastef avec la vision panafricaniste et libérale de Wade.
📉 La fin du « dogmatisme » politique
Le passage de l’opposition radicale à la gestion de l’État semble avoir transformé la vision du Président. Élu sous la bannière de la « Rupture », Diomaye Faye délaisse la rigidité idéologique pour un pragmatisme assumé.
« Il n’est plus dans une position de dogmatisme politique. On assiste à une logique d’alliances, même si elles peuvent paraître contre-nature sur le plan idéologique », analyse Alioune Badara Kandji dans les colonnes de Walf Fadjri.
🏛️ L’héritier spirituel du « Pape du Sopi » ?
La fascination de Diomaye Faye pour l’œuvre de Me Wade n’a jamais été un secret. En se positionnant comme le garant de l’héritage du troisième président du Sénégal, il réussit un double pari :
- S’attirer la sympathie des libéraux nostalgiques de l’ère Wade.
- Légitimer sa stature de « bâtisseur » en s’inscrivant dans la continuité des grands chantiers et de la souveraineté africaine chère au patriarche de la rue Point E.
Cette célébration du centenaire pourrait bien être l’acte de naissance d’un nouveau bloc politique au Sénégal, redessinant les frontières des alliances à l’approche des prochaines échéances majeures.
