Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko a qualifié de « victoire majeure » le retrait sans frais de Kosmos Energy du bloc gazier de Cayar, le patron de presse Madiambal Diagne s’est fendu d’une réplique cinglante. Qualifiant la sortie du chef du gouvernement de « ridicule », le journaliste rappelle que de telles opérations sont monnaie courante dans l’histoire pétrolière du Sénégal et s’inquiète des capacités réelles de PETROSEN à porter seule ce projet colossal.

I. Un précédent historique : Le « sans frais » n’est pas une nouveauté

Madiambal Diagne balaie l’idée d’un exploit inédit réalisé par le nouveau régime. Pour lui, l’État sénégalais a toujours su manœuvrer pour récupérer des blocs sans débourser un franc :

  • L’exemple de 2018 : Il rappelle qu’en 2018, le Sénégal avait récupéré les blocs de Rufisque Offshore Profond et de Senegal Sud Offshore Profond dans une discrétion totale et sans aucune contrepartie financière.
  • La diplomatie gazière : Selon le journaliste, la gestion de ces actifs se faisait auparavant « sans bruit », contrairement à la communication actuelle qu’il juge excessive.

II. L’enjeu du financement : Le « Mur » des 8 milliards de dollars

Au-delà de la récupération des parts, Madiambal Diagne soulève une question technique cruciale : comment financer l’exploitation ?

  • L’insuffisance de PETROSEN : Il estime que confier une licence exclusive à la société nationale PETROSEN est un pari risqué. La compagnie publique n’aurait pas les reins assez solides pour mobiliser les 5 à 8 milliards de dollars nécessaires à l’investissement productif.
  • Le précédent BP : Il rappelle qu’en 2023, lors du départ de BP du bloc Kayar Offshore Profond, le gouvernement précédent avait déjà la possibilité de trouver des partenaires alternatifs plutôt que de laisser PETROSEN en première ligne sans moyens financiers adéquats.

III. Un choc de doctrines

Cette polémique illustre deux visions opposées de la souveraineté :

  1. Celle de Sonko : Une reprise en main étatique et nationale immédiate, symbolique d’une rupture avec le passé.
  2. Celle de Diagne : Une approche pragmatique qui privilégie les partenariats stratégiques avec des majors étrangères capables d’apporter les capitaux et la technologie que le Sénégal ne possède pas encore.

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