Après l’affaire de Wakhinane Nimzatt, c’est au sud du pays que la Police nationale vient de frapper un grand coup. L’Antenne Régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a mis fin aux activités d’un réseau sophistiqué impliquant plusieurs mairies de la région de Ziguinchor.

Un contrôle de routine à l’origine de l’enquête

Tout a commencé au poste de contrôle de Cantene. Les agents y ont intercepté une ressortissante étrangère en possession de documents d’état civil (extrait et copie littérale) de la mairie de Kaour datant de 2009, dont l’authenticité paraissait suspecte.

Lors de son audition, la mise en cause est passée aux aveux :

  • Le prix : Les documents ont été obtenus contre la somme de 20 000 FCFA.
  • La complicité : Elle a désigné un agent municipal de Niaguis agissant en complicité avec le responsable de l’état civil de Kaour.

Un réseau étendu à plusieurs communes

L’exploitation technique des téléphones saisis a révélé une organisation tentaculaire. Un démarcheur basé à Ziguinchor a été arrêté avec une quantité impressionnante de preuves :

  • Données fictives : Des centaines de références provenant des mairies de Kaour, Niaguis, Ziguinchor, Enampore et Djouloulou.
  • Documents falsifiés : De nombreux certificats de nationalité et casiers judiciaires prêts à l’emploi.
  • Tarification : Les prix des actes frauduleux variaient de 6 000 à 250 000 FCFA, selon le profil du client et l’ancienneté de l’acte sollicité.

Des méthodes de fraude sophistiquées

Pour contourner la vigilance de l’État, les faussaires utilisaient des techniques de « transformation » administrative bien rodées :

  • Utilisation de registres parallèles (cahiers de brouillon).
  • Attribution de numéros officiels totalement inexistants.
  • Exploitation des espaces vides dans les registres officiels après leur clôture.
  • Substitution d’identité : Surcharges et falsifications pour attribuer la nationalité sénégalaise à des tiers étrangers.

Sept individus devant le Parquet

Au total, sept personnes ont été déférées ce 8 mai 2026 devant le Procureur du Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor. Elles sont poursuivies pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.

La Police nationale réitère son engagement pour la sécurisation de l’identité nationale et invite les citoyens à signaler tout acte suspect au numéro vert : 800 00 17 00.

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