« L’assiette du citoyen d’abord, les calculs politiciens après. » C’est, en substance, le message fort et pragmatique délivré par Aminata Touré sur l’antenne de la chaîne internationale Russia Today (RT). Interrogée en sa double qualité de Haute représentante du Chef de l’État et de superviseure de la coalition présidentielle, l’ancienne Première ministre a minimisé l’impact du divorce politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, rappelant la classe politique sénégalaise à ses devoirs face à la réalité sociale.
⏳ « Des retrouvailles et des séparations » : La routine démocratique selon « Mimi »
Forte d’une longue carrière au sommet de l’État, Aminata Touré a choisi de dédramatiser une situation que certains qualifient de crise majeure à Dakar :
- L’expérience de l’histoire : « Je suis en politique depuis un certain temps ; j’étais déjà directrice de campagne d’un candidat à la présidentielle en 1993 », a-t-elle rappelé avec le sourire.
- La mécanique des alliances : Pour elle, l’histoire politique du Sénégal montre que la vie démocratique est un éternel cycle de recompositions : « Mon expérience m’a appris que la politique est souvent faite de retrouvailles et de séparations. C’est le propre de la démocratie. »
Face aux interrogations, elle assure que l’essentiel n’est pas de savoir qui occupe quel poste, mais de veiller à ce que l’économie nationale se développe normalement, en particulier dans un pays où 70 % de la population a moins de 35 ans et attend des réponses concrètes.
🍽️ Le rappel aux réalités : Priorité à l’emploi et à la vie chère
Dans une formule choc dont elle a le secret, la Haute représentante a remis le curseur sur les véritables attentes des Sénégalais, loin de l’effervescence des états-majors politiques.
« La politique n’est pas ce qui remplit l’assiette des citoyens au quotidien. »
Aminata Touré exhorte le gouvernement et l’opposition à cesser les querelles d’ego pour s’attaquer aux vrais chantiers : la baisse du coût de la vie, l’accès universel aux soins de santé, la formation professionnelle et l’emploi massif des jeunes. Pour elle, les Sénégalais ont fait preuve d’une immense maturité lors des trois grandes alternances de l’histoire du pays (2000, 2012, 2024) et refusent d’être pris en otages par des tensions partisanes.
📊 Les chiffres contre le bruit : Une population pas si partisane
Répondant aux analystes qui prédisent une immense vague de déception au sein de la base électorale qui avait porté le projet souverainiste en mars 2024, la superviseure de la coalition Diomaye Président a opposé une analyse statistique implacable :
- Un corps électoral nuancé : Sur les 18 millions d’habitants que compte le Sénégal, seulement environ 4 millions de citoyens ont effectivement glissé un bulletin dans l’urne lors de la dernière présidentielle.
- L’intérêt général au-dessus du parti : Ce rappel chiffré démontre, selon elle, que l’écrasante majorité des Sénégalais ne se définit pas par un engagement partisan ou une fidélité aveugle à un homme. L’attente globale est républicaine et sociale. « Chacun continuera d’exercer ses prérogatives là où il se trouve […] L’important est de placer l’intérêt des Sénégalais au-dessus des intérêts partisans et de respecter les rôles définis par la Constitution », a-t-elle conclu.
