Le sommet de l’État déploie sa stratégie de communication à l’international pour rassurer les marchés et l’opinion. Interrogée par le média international Russia Today ce mercredi 10 juin 2026, la Haute représentante du Chef de l’État et ancienne Première ministre, Aminata Touré, a fait front face aux doutes entourant la trajectoire du Sénégal. Tout en niant fermement l’existence d’une quelconque instabilité institutionnelle après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, elle a jeté un pavé dans la mare économique en révélant la découverte d’un passif caché de près de 4 000 milliards de FCFA de dette.

🛡️ 1. Stabilité de l’État : « Nos institutions dépassent les egos »

Aminata Touré s’est montrée intraitable face aux spéculations de crise politique systémique nées du remaniement du 22 mai et de la réorganisation de l’attelage institutionnel.

  • Un fonctionnement normal : « De quelle instabilité parlez-vous ? Le pays est parfaitement calme », a-t-on souligné. L’ancienne Première ministre rappelle que l’administration tourne à plein régime : les salaires de la fonction publique sont versés à date échue, tandis que les hôpitaux, les écoles et les universités fonctionnent sans interruption.
  • La Constitution au-dessus des hommes : Pour la Haute représentante, le remplacement d’Ousmane Sonko par le technocrate Ahmadou Alhaminou Lô à la Primature et l’installation de ce dernier au Perchoir de l’Assemblée nationale relèvent de la mécanique républicaine standard. « Le Président de la République n’a pas à justifier constitutionnellement le changement de son équipe. Nos institutions dépassent les egos et les conflits de personnes », a-t-elle martelé, citant en exemple la résilience du Conseil constitutionnel lors de la crise électorale de 2024.

📉 2. Le fardeau économique : 4 000 milliards de dette cachée sous l’ancien régime

C’est le grand déballage macroéconomique de cette interview. Aminata Touré a mis des chiffres sur le « mur de la dette » auquel le pays fait face pour la période 2026-2028.

L’audit des finances publiques a mis en lumière une dette publique sous-estimée et dissimulée par les précédentes autorités, s’élevant à près de 4 000 milliards de FCFA. Si ce fardeau pèse lourdement sur l’exécution budgétaire, l’ancienne Première ministre assure que la signature du Sénégal reste de premier ordre. Pour preuve, l’État continue d’honorer toutes ses échéances financières internationales tout en maintenant ses engagements sociaux intérieurs, à l’instar de la généralisation de l’indemnité de logement pour les fonctionnaires.

🏛️ 3. Négociations avec le FMI : Un accord, oui, « mais pas à n’importe quel prix »

À l’heure où une mission cruciale du Fonds monétaire international (FMI) s’installe à Dakar, Aminata Touré a fixé les lignes rouges du gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye :

« Je fais partie de ceux qui souhaitent un accord, mais pas à n’importe quel prix. Nos partenaires doivent comprendre que le remède ne doit pas tuer le malade. »

Rejetant catégoriquement le spectre des sanglants plans d’ajustement structurels des années 1980, elle exige un réaménagement ou un reprofilage de la dette qui préserve impérativement les acquis sociaux et le service public des Sénégalais. Enfin, elle a balayé d’un revers de main l’idée que le départ d’Ousmane Sonko — connu pour ses positions souverainistes dures — puisse gripper les discussions : « La visite du FMI était programmée de longue date […]. Notre démocratie et nos négociations ne s’articulent pas autour des individus ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PLUS D'ACTUALITÉS

La presse sous tension

La presse sénégalaise de ce jour dresse un tableau marqué par de fortes tensions économiques, sociales et politiques, sur fond de préoccupations sportives liées à la CAN 2025. Plusieurs quotidiens

Lions de l’étranger : un week-end entre éclats et inquiétudes à l’approche de la CAN

À moins d’un mois du coup d’envoi de la CAN 2025, les performances des internationaux sénégalais ont donné lieu à un week-end en demi-teinte. Si Nicolas Jackson et Sambou Soumano

Sécurité à Dakar : les zones les plus à risque selon les chauffeurs de taxi

La sécurité reste l’une des préoccupations majeures des Dakarois. Pour mieux comprendre la réalité quotidienne, Sami24tv a interrogé des dizaines de chauffeurs de taxi — souvent en première ligne face