Malgré les vents contraires et les appels au boycott d’une partie de l’opposition, le président de la République a officiellement lancé son cycle de consultations ce jeudi 21 mai 2026. Pour ce premier jour de la Journée nationale du dialogue, Bassirou Diomaye Faye a réussi une importante démonstration de force institutionnelle en recevant successivement quatre figures majeures de l’histoire politique et administrative du Sénégal.
Un défilé de grands serviteurs de l’État au Palais
Le Chef de l’État a choisi de placer l’expérience républicaine au cœur de cette première journée en s’entretenant avec quatre personnalités aux trajectoires pourtant bien distinctes :
- M. Cheikh Hadjibou Soumaré (ancien Premier ministre sous Abdoulaye Wade)
- M. Abdoul Mbaye (premier chef de gouvernement sous Macky Sall)
- Mme Aminata Touré (ancienne Première ministre et actuelle alliée du pouvoir)
- M. Amadou Ba (dernier Premier ministre de l’ancien régime et candidat malheureux à la présidentielle de 2024)
Selon les services de communication de la Présidence, les échanges se sont déroulés de manière « longue et sereine », se focalisant sur la marche globale de la Nation, la relance économique et les impératifs sécuritaires dans un contexte international de plus en plus exigeant.
« L’expérience n’appartient pas à une famille politique »
En réunissant autour de la même table des opposants déclarés, des technocrates et des alliés, Bassirou Diomaye Faye a voulu envoyer un message fort de dépassement des clivages partisans.
Le Palais de la République rappelle qu’avoir conduit un gouvernement confère une expertise qui transcende les partis : « Cette expérience-là ne se classe pas dans une famille politique. Elle appartient au pays ». À travers ce format, le Chef de l’État a réaffirmé sa volonté d’honorer ceux qui ont servi la République et de s’enrichir de leur lucidité pour faire face aux défis structurels du Sénégal.
L’écoute comme méthode de gouvernance
Face aux critiques de ces derniers jours concernant le changement de format des concertations, la Présidence a tenu à remettre les pendules à l’heure. Cette démarche d’audiences restreintes et ciblées n’est pas un fait de circonstance, mais s’inscrit en droite ligne de la « grammaire » de gouvernance posée par le président Faye dès sa prestation de serment le 2 avril 2024.
Après ce premier round réussi avec la haute administration, les consultations vont se poursuivre jusqu’au 31 mai 2026 avec les anciens ministres des Finances, de la Sécurité, ainsi que les représentants des forces vives et des notabilités du pays.










