Le bal des audiences présidentielles s’ouvre ce jeudi avec un grand absent de la table des négociations. L’ancien Premier ministre et leader du parti Rewmi, Idrissa Seck, a décidé de ne pas répondre à l’invitation du Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qui souhaitait réunir ses prédécesseurs à la Primature dans le cadre de la nouvelle formule du dialogue national. L’information, révélée par nos confrères de Dakaractu, résonne comme un sérieux coup de canif dans la démarche consensuelle voulue par le pouvoir.
🛑 Le leader de Rewmi prend ses distances
Alors que le premier jour des consultations de ce jeudi 21 mai 2026 était spécifiquement dédié aux anciens chefs de gouvernement ainsi qu’aux anciens ministres de la Sécurité et des Finances, Idrissa Seck a choisi de marquer une nette distance politique avec l’initiative du Palais de la République :
- Un boycott feutré : Contrairement à l’Alliance Pour la République (APR) qui a publié un communiqué au ton très virulent en début de semaine, le patron de Rewmi opte pour un refus plus sobre, mais dont la portée politique reste tout aussi lourde.
- Le signal politique : Ancien Premier ministre (sous Abdoulaye Wade) et ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Idrissa Seck est une figure centrale de l’appareil d’État sénégalais. Son absence grippe la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de s’appuyer sur l’expérience des anciens technocrates du pays pour légitimer son nouveau format.
📉 Un dialogue de plus en plus contesté par l’opposition
Ce désistement de dernière minute fragilise un peu plus la représentativité de ces dix jours d’audiences nationales prévues du 21 au 31 mai.
Le président de la République doit désormais composer avec un front de refus de plus en plus large au sein de l’opposition. Entre une partie non négligeable de l’opposition parlementaire irritée par les réformes législatives, le boycott officiel de l’APR de Macky Sall et maintenant le refus d’Idrissa Seck, la stratégie de la « chaise vide » semble gagner du terrain face à la main tendue du régime.
Malgré ces vents contraires, le Palais maintient son calendrier et devrait recevoir les autres anciens ministres et Premiers ministres qui ont accepté de jouer le jeu du dialogue républicain.
