L’image est aussi saisissante qu’inquiétante. Dans l’enceinte de l’ancien Palais de Justice de Pikine, ce ne sont plus les robes noires qui font la loi, mais des reptiles de plusieurs mètres. Des pythons ont littéralement pris possession des lieux, transformant les anciennes salles d’audience en terrains de chasse, au grand désarroi du personnel encore présent.
Pikine, Sénégal – Depuis que le tribunal a été partiellement délocalisé vers la VDN 3 il y a près d’un an, le bâtiment emblématique de Pikine semble être tombé dans les oubliettes de l’État. Ce délaissement a laissé le champ libre à la nature, et plus précisément à la faune sauvage des Niayes environnantes.
Une brèche ouverte sur la jungle des Niayes
Le coupable est identifié : une brèche béante dans le mur de clôture séparant le tribunal des zones marécageuses. Ce passage direct permet aux animaux de s’introduire sans obstacle dans l’enceinte judiciaire. Attirés par l’obscurité, le calme et la prolifération de rongeurs, des pythons ont élu domicile sous les bancs du public et derrière les sièges des magistrats.
Travailler la peur au ventre
Si le bâtiment est officiellement « ancien », il n’est pas pour autant désert. Un procureur, des greffiers et des agents administratifs y assurent toujours des audiences civiles et des formalités quotidiennes.
- Témoignage : « On ne sait jamais sur quoi on va tomber en ouvrant un placard ou en s’asseyant sur une chaise », confie une source proche du greffe.
- Menace réelle : En l’espace de quelques jours, trois spécimens imposants ont été aperçus circulant librement dans les couloirs.
Une battue, mais l’angoisse demeure
Devant le danger imminent, une battue a été organisée en urgence ces derniers jours. Résultat : deux pythons ont été débusqués et l’un d’eux a été abattu. Cependant, cette intervention ressemble à un pansement sur une plaie béante. Tant que la brèche donnant sur les Niayes ne sera pas colmatée, les habitants de Pikine craignent que le palais ne redevienne, dès demain, le repaire de nouveaux prédateurs.
Ce spectacle de désolation pose la question de l’entretien du patrimoine immobilier de l’État, à l’heure où la sécurité des agents de la fonction publique est au cœur des préoccupations.
