Le choc France-Sénégal ($3-1$) se déplace fracassamment sur le terrain de la politique et de l’identité. Invitée à analyser les coulisses du Mondial 2026, la célèbre éditorialiste française de la chaîne d’information LCI, Ruth Elkrief, a signé une chronique d’opinion au vitriol intitulée : « Équipe de France : Non, Sonko ne nous divisera pas ». En ligne de mire : la formule percutante lâchée par le président de l’Assemblée nationale sénégalaise sur les antennes de RFI et France 24 avant le coup d’envoi de la rencontre.

🗣️ 1. La phrase d’Ousmane Sonko qui a mis le feu aux poudres

Interrogé par les médias internationaux sur le caractère symbolique et historique de cette affiche de Coupe du monde, l’ancien Premier ministre sénégalais avait manié l’ironie et la realpolitik sportive en déclarant :

« Quelle que soit l’issue du choc France-Sénégal, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. »

Par cette boutade, Ousmane Sonko faisait ouvertement référence à la très forte proportion de joueurs d’origine africaine ou binationaux qui composent l’ossature de l’équipe de France dirigée par Didier Deschamps (à l’image de Kylian Mbappé, Dayot Upamecano ou William Saliba).

⚡ 2. Le réquisitoire de Ruth Elkrief : « Diviser, cliver et chercher une revanche »

Pour Ruth Elkrief, cette grille de lecture ethnique et continentale est inacceptable et cache un agenda politique hostile. La journaliste de LCI accuse le leader de PASTEF de se réjouir d’une « forme de revanche des anciens colonisés », sous prétexte que ce sont les descendants des anciennes colonies qui allaient, dans tous les cas, remporter le match.

L’éditorialiste n’a pas hésité à placer Ousmane Sonko dans le même sac que les idéologues de l’extrême droite française :

  • Un même projet de clivage : « Ceux qui revendiquent l’africanité avant la nationalité française, comme ceux qui voient l’origine ou la religion du joueur avant sa nationalité, tous les deux ourdissent le même projet : cliver, diviser », a-t-elle martelé à l’antenne.
  • Le modèle républicain défendu : Elle a fermement rappelé que l’identité et la citoyenneté françaises ne dépendent ni de la couleur de peau, ni des origines géographiques.

🇫🇷 3. « Ils ont choisi le maillot tricolore, ils sont français »

Poursuivant son argumentaire, Ruth Elkrief a insisté sur la notion de choix sportif et civique des athlètes. « Ils ont choisi de jouer sous le maillot tricolore, donc ils sont français », a-t-elle asséné, coupant court à toute tentative de réappropriation identitaire par des dirigeants étrangers.

Pour clore sa démonstration et renvoyer le Sénégal à ses propres réalités, la chroniqueuse a brandi un argument statistique percutant sur la composition de la Tanière :

« Dans l’équipe du Sénégal elle-même, il y a 10 joueurs qui sont nés sur le territoire français. »

Une manière de souligner que la circulation des talents et la binationalité fonctionnent dans les deux sens, et que le football moderne dépasse largement les frontières coloniales du siècle dernier.

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