Le dossier Ndiaga Seck prend l’envergure d’un véritable réseau organisé et international. Alors que l’affaire tenait déjà en haleine la commune de Linguère, les investigations viennent de franchir un nouveau cap décisif à Louga. Le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Louga a frappé fort en décernant six (6) mandats de dépôt d’un coup. Les révélations du quotidien Libération mettent désormais à nu les rouages d’un système de proxénétisme et de mise en relation, piloté par un couturier bien connu de la banlieue dakaroise.
📱 1. « Cheikh Styliste » : Le cerveau présumé du catalogue de « tailles fines »
Au cœur de cette nouvelle vague d’arrestations figure Cheikh Niass, alias « Cheikh Styliste ». Âgé de 39 ans et résidant à Darou Salam 6 (Yeumbeul), l’homme a vu son rôle de simple partenaire être requalifié par les enquêteurs en celui de rabatteur en chef.
L’exploitation technique du téléphone de Ndiaga Seck a révélé un procédé méthodique :
- Le catalogue numérique : Cheikh Styliste envoyait régulièrement via WhatsApp et Facebook des photographies de jeunes hommes à Ndiaga Seck, les présentant textuellement sous l’expression de « tailles fines ».
- Le courtage : Une fois que Ndiaga Seck validait les profils visuels, le styliste lui transmettait les numéros de téléphone et les coordonnées pour faciliter la prise de contact directe et l’organisation des rendez-vous.
Devant les éléments matériels irréfutables extraits de son mobile, Cheikh Niass a fini par passer aux aveux, reconnaissant non seulement ses propres rapports avec le principal suspect, mais aussi son rôle d’intermédiaire dans ce réseau d’actes contre nature.

💎 2. Le bijoutier Modou Sylla craque et révèle une connexion avec le Canada
L’un des clients identifiés à travers ce système de courtage n’est autre que le bijoutier Modou Sylla, 35 ans, domicilié à Pikine. Les messages interceptés par les limiers montrent un homme très entreprenant, se décrivant dans les notes comme étant « libre comme l’air » avant de proposer à son tour de présenter d’autres profils à Ndiaga Seck.
Lors de son face-à-face avec le magistrat instructeur, le bijoutier a tenté de justifier ses dérives comportementales en y ajoutant une dimension internationale qui a immédiatement éveillé les soupçons de la justice :
Modou Sylla a formellement déclaré aux enquêteurs que ses agissements et sa quête de partenaires étaient liés à l’absence prolongée de son « partenaire officiel », qui réside actuellement au Canada.
Cette déposition pousse désormais la justice sénégalaise à vérifier si des flux financiers ou des ramifications de ce réseau n’atteignent pas la diaspora sénégalaise basée en Amérique du Nord.
⚖️ 3. Une instruction judiciaire qui s’accélère à Louga
Avec ces six nouveaux mandats de dépôt, la prison civile de Louga commence à faire le plein dans ce dossier de mœurs aggravé par la problématique de la transmission du VIH. L’enquête est cependant loin d’être bouclée. Les téléphones saisis continuent de parler, et les autorités judiciaires n’excluent pas d’autres interpellations dans les jours à venir au vu de l’immensité des contacts cryptés découverts.
