Dakar, 10 mars 2026. La polémique autour des retenues sur salaires des enseignants ayant participé aux derniers mots d’ordre de grève du G7 reçoit une réponse officielle. Le directeur général de la Fonction publique, Ibrahima Dieng, a apporté ce mardi des précisions à l’APS : il ne s’agit pas de « ponctions », mais d’un « paiement de salaire incomplet », conforme au principe selon lequel le salaire est la contrepartie d’une prestation de travail effectivement fournie. Une clarification qui n’apaisera pas forcément la grogne des syndicats.
« Ponction » ou « salaire incomplet » : un débat sémantique aux enjeux concrets
Des retenues qui ont suscité l’émoi
De nombreux enseignants ont exprimé leur consternation en découvrant les montants prélevés sur leur salaire du mois de février, en lien avec leur participation aux débrayages organisés ces dernières semaines par le G7 — regroupement des syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation au Sénégal.
La réponse ferme de la Fonction publique
Face à cette indignation, Ibrahima Dieng, directeur général de la Fonction publique, a posé un cadre juridique clair : « Je ne veux pas utiliser le terme ponction. Je considère qu’il s’agit d’un paiement de salaire incomplet. » Une nuance de taille, qui replace le débat sur le terrain du droit du travail plutôt que sur celui de la sanction.
Le principe : pas de prestation, pas de salaire
Le directeur général s’est appuyé sur un fondement juridique élémentaire pour justifier cette position : le salaire est la contrepartie d’une prestation de travail. En l’absence de cette prestation, la rémunération correspondante ne peut être versée.
« Si la prestation n’est pas fournie, on ne saurait parler de salaire », a-t-il martelé, précisant le mode de calcul appliqué : « Si vous travaillez deux jours, on vous paie deux jours. Si vous travaillez dix jours, on vous paie dix jours. »
L’administration applique ainsi le principe du paiement au prorata des journées réellement travaillées, une règle qui s’applique à tout agent de la Fonction publique en situation de grève.
Des recours possibles pour les agents lésés
Ibrahima Dieng a néanmoins ouvert une porte aux enseignants qui estimeraient avoir été injustement rémunérés. Le gouvernement, dit-il, « prendra les mesures nécessaires pour rétablir dans leurs droits » les agents dont la situation salariale aurait fait l’objet d’une erreur de calcul ou d’une application incorrecte des règles en vigueur.
Une assurance qui témoigne de la volonté de l’administration de distinguer entre l’application rigoureuse du droit et les éventuelles erreurs de traitement.
L’enjeu principal : un dialogue durable pour un climat apaisé
Au-delà de la querelle sémantique et des calculs de retenues, le directeur général de la Fonction publique a replacé le débat dans une perspective plus large. L’enjeu prioritaire, selon lui, reste la recherche d’une solution durable à la question des grèves dans les secteurs sociaux — au premier rang desquels l’éducation nationale.
Plaidant pour la poursuite du dialogue entre l’administration et les partenaires sociaux, Ibrahima Dieng a appelé à « favoriser un climat social apaisé » et à « assurer la continuité du service public », deux impératifs que les grèves à répétition de ces dernières semaines ont sérieusement mis à mal.
