Le feuilleton politique sénégalais s’accélère et se déporte désormais sur le terrain judiciaire. Ce lundi 1er juin 2026, un collectif de 17 députés de l’opposition a officiellement saisi le Conseil constitutionnel d’une requête explosive. Leur objectif : faire annuler la décision du Bureau de l’Assemblée nationale du 24 mai 2026 ayant acté la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, une réintégration qui lui a permis d’être élu président de l’institution deux jours plus tard.

📜 L’argument de l’incompatibilité et de l’article 54 de la Constitution

Dans un communiqué officiel, les parlementaires frondeurs dénoncent ce qu’ils qualifient de « violation flagrante et manifeste de la Constitution et du principe de la séparation des pouvoirs ».

Leur offensive juridique repose sur un calendrier bien précis :

  • Le péché originel de 2024 : Les signataires rappellent qu’Ousmane Sonko avait été nommé Premier ministre puis élu député en 2024. Dès son élection, il se trouvait dans une situation d’incompatibilité flagrante régie par l’article 54 de la Constitution.
  • La renonciation tacite : Selon l’opposition, en choisissant à l’époque de conserver ses fonctions à la Primature, Ousmane Sonko avait juridiquement renoncé à son mandat de député, conformément à la Loi fondamentale et au Règlement intérieur alors en vigueur. Sa réintégration soudaine est donc jugée illégale.

Pour les requérants, seul le Conseil constitutionnel, en sa qualité de juge de la validité du mandat parlementaire et de régulateur des institutions, peut faire barrage à cet acte d’une gravité extrême.

🚪 Tensions à l’Assemblée : Un huissier de justice face au refus du Secrétariat général

Au-delà du fond du droit, les députés de l’opposition révèlent les coulisses électriques de la préparation de leur recours. Ils affirment avoir été contraints d’engager Maître Abou Sall, huissier de justice, ce lundi 1er juin 2026, pour obtenir deux documents administratifs publics indispensables : l’acte de réintégration d’Ousmane Sonko et le procès-verbal de la plénière historique du 26 mai 2026.

La démarche s’est heurtée à un mur :

« Saisis par voie d’huissier, le Secrétaire général et le Premier vice-président de l’Assemblée nationale ont l’un comme l’autre refusé de délivrer ces pièces. »

L’opposition qualifie ce blocage d’« entrave grave aux droits des députés et à la transparence démocratique » et appelle les « Sages » de l’avenue Pasteur à mettre fin à cette « forfaiture ».

✍️ Les 17 visages de la fronde parlementaire

Le document, qui clame qu’« aucune majorité, si large soit-elle, n’est au-dessus de la loi fondamentale », réunit des figures majeures de l’opposition ainsi que des leaders de la scène politique nationale :

Daouda Dia, Aïssata Ousmane Diallo, Amadou Diallo, Mami Dou Daw, Salimata Diop Dieng, Mbaye Dione, Thérèse Faye, Barane Fofana, Cheikh Omar Hann, Birima Mangara, Abou Mbow, Fabineta Ndiaye, Anta Babacar Ngom, Thierno Alassane Sall, Maguette Sène, Abdoulaye Sylla et Tafsir Thioye.

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