Mourad Elajouti, président du club des avocats marocains, brandit les poursuites judiciaires contre la cérémonie prévue samedi à Saint-Denis

La controverse autour de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’intensifie dramatiquement. Mourad Elajouti, président du club des avocats au Maroc, a adressé vendredi une série de menaces juridiques contre la Fédération sénégalaise de football (FSF) et les gestionnaires du Stade de France, à quelques heures seulement de la cérémonie de présentation du trophée prévue samedi 28 mars à Saint-Denis.

Cette escalade intervient après que le Tribunal arbitral du sport (TAS) a accusé réception, mercredi, de l’appel interjeté par la FSF contestant la décision du jury d’appel de la CAF déclarant le Maroc vainqueur de la CAN 2025.

Une cérémonie controversée qui ne faiblit pas

Malgré les menaces marocaines, la FSF a confirmé jeudi maintenir son plan original : présenter le trophée de la CAN 2025 à la diaspora sénégalaise lors du match amical face au Pérou, samedi au Stade de France à Saint-Denis. Le programme officiel prévoit un spectaculaire show musical rassemblant des artistes de prestige comme Youssou Ndour et le rappeur franco-sénégalais Booba, transformant cette cérémonie en célébration majeure de la solidarité panafricaine.

Cette décision de poursuivre malgré les avertissements illustre la détermination de Dakar à ne pas plier face aux pressions marocaines et internationales.

Des mises en demeure formelles adressées au Stade de France

Dans une volée de messages publiés tard dans la nuit de jeudi à vendredi sur X (anciennement Twitter), Me Mourad Elajouti a articulé sa stratégie juridique offensive. Selon ses déclarations rapportées par Le Parisien, l’avocat basé à Casablanca a annoncé : « Nous avons adressé ce matin (vendredi) deux mises en demeure formelles à la Société d’exploitation du Stade de France ainsi qu’au groupe GL Events ».

L’argumentaire marocain repose sur une logique de responsabilité civile : en prêtant leurs infrastructures et leurs services à une cérémonie basée sur « un titre révoqué », la Société d’exploitation du Stade de France et GL Events « engagent leur responsabilité directe ». Me Elajouti ajoute que « cette célébration repose sur un titre dont la FSF a été officiellement déchue par les instances sportives internationales ».

Un appel du Maroc pour la « fin de la voyoucratie »

Avant de brandir les menaces judiciaires, le président du club des avocats marocain avait publié un communiqué appelant à la « fin de la voyoucratie sur les pelouses africaines ». Cette rhétorique, qui amalgame le litige CAN à des questions plus larges de gouvernance sportive, révèle la dimension politique que prend ce contentieux dépourvu de précédent.

Le TAS saisi, le dossier loin d’être tranché

Le Tribunal arbitral du sport examine actuellement l’appel de la FSF contestant la décision de la CAF rendue le 17 mars 2026. Selon le communiqué du TAS, cette décision avait déclaré l’équipe sénégalaise « perdante de la finale par forfait » et attribué la victoire au Maroc sur le score de 3-0.

L’issue de cet appel reste imprévisible, mais samedi matin à Saint-Denis, le Sénégal affirmera de facto sa contestation de cette décision en organisant une cérémonie publique du trophée, geste hautement symbolique sur le plan diplomatique et sportif.

Un affrontement inédit sur la scène internationale

Ce conflit transcende désormais le simple cadre sportif. Les menaces du Maroc à l’égard du Stade de France et de ses opérateurs soulèvent des questions juridiques nouvelles : un État peut-il, via ses représentants, menacer une infrastructure publique étrangère pour contester une décision sportive ? Peut-on imposer une responsabilité civile aux gestionnaires d’un stade pour avoir accueilli une cérémonie ?

Les avocats sénégalais, déjà engagés dans une stratégie judiciaire multidimensionnelle (appel au TAS, plainte pour corruption en préparation), découvriront samedi si le Stade de France sera accessible pour la cérémonie prévue ou si de nouvelles complications légales bloqueront l’événement.

La finale de la CAN 2025 aura ainsi franchi les murs du football pour devenir un enjeu diplomatique et juridique majeur entre deux nations africaines.

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