Le Burundi transmet officiellement le dossier de l’ex-président sénégalais. Dakar reste silencieux, tandis que le Sénégal conteste la finale de la CAN 2025 devant la justice internationale

L’ancien Président sénégalais Macky Sall franchit une étape cruciale dans sa quête du secrétariat général de l’Organisation des Nations unies. La Commission de l’Union africaine apporte son « plein soutien » à sa candidature, selon les informations relayées vendredi par la presse sénégalaise. Le Burundi, assurant la présidence tournante de l’UA, a transmis officiellement un projet de décision en faveur de Macky Sall. Si aucune objection n’est reçue avant la fin de la journée du 27 mars 2026, la candidature sera réputée adoptée par consensus.

Cette avancée majeure positionne Macky Sall comme le candidat officiel du continent africain à seulement neuf mois de la fin du second mandat du Portugais António Guterres, actuel secrétaire général des Nations unies.

Une procédure quasi-verrouillée à l’Union africaine

Le Bureau de l’Assemblée de la Commission de l’UA, réuni sous la présidence d’Evariste Ndayishimiye, Président du Burundi, a délibéré sur le dossier de l’ancien chef de l’État sénégalais. La décision, transmise selon la procédure du silence, signifie que tout État membre souhaitant s’opposer dispose de quelques heures seulement pour formuler une objection formelle.

Les quotidiens sénégalais soulignent l’ampleur du tournant : « L’UA franchit un cap », titre Sud Quotidien. « Le processus de désignation du candidat africain au poste de Secrétaire général de l’ONU connaît une avancée majeure », ajoute le journal, parlant d’une validation « ouvrant la voie à un soutien officiel du continent, sauf objection de dernière minute ».

L’As, de son côté, note que « l’UA passe à l’offensive », appelant à « une mobilisation et à une unité du continent afin de renforcer ses chances dans un calendrier international particulièrement serré ».

Le silence de Dakar face au soutien panafricain

Paradoxalement, alors que l’Union africaine mobilise ses moyens pour soutenir Macky Sall, les autorités sénégalaises n’ont pas encore formulé de soutien officiel à la candidature de l’ex-président. Cette absence de prise de position révèle des « profondes divisions au sein de la classe politique et de la société civile » sénégalaise, comme le note la presse locale.

Cette discrétion diplomatique tranche avec l’engagement résolut de l’UA, et soulève des questions sur l’accueil réservé à Macky Sall dans son propre pays, où son départ du pouvoir en mars 2024 a marqué un tournant politique majeur.

Le dossier de la CAN 2025 : nouvelle escalade judiciaire

Pendant que Macky Sall franchit des étapes au niveau international, le Sénégal engage une autre bataille judiciaire d’envergure : celle contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF) concernant la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Jeudi, à Paris, les avocats de la Fédération sénégalaise de football ont tenu une conférence de presse annonçant une stratégie juridique agressive. Selon Le Soleil, les conseil de la FSF ont dénoncé la « décision du Jury d’Appel de la CAF du 17 mars » comme étant « prise en violation totale des instruments juridiques internationaux ».

Au-delà de l’appel déjà lancé auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), la FSF envisage désormais des actions juridiques parallèles. Me Seydou Diagne, coordonnateur du pool d’avocats du Sénégal, a confirmé qu’une plainte pour corruption était en préparation contre les cinq membres du Jury d’Appel de la CAF : Asogbav Komlan, Masauko Timothy Msungama, Moez Ber Tahar Nasri, Roli Daibo Harriman et Faustino Varel Monteiro.

L’Observateur souligne l’escalade : « Cette finale de la CAN 2025 est loin d’avoir rendu son verdict. Après l’officialisation de la victoire du Maroc, la Fédération sénégalaise de football ouvre une nouvelle étape dans l’escalade judiciaire ». Les avocats ont indiqué que d’autres actions pourraient être engagées en parallèle de la procédure sportive, transformant ce litige en bataille juridique multidimensionnelle.

Deux batailles internationales pour le Sénégal

Ces deux dossiers incarnent une dynamique similaire : le Sénégal se bat sur la scène internationale, à la fois pour promouvoir l’un de ses anciens leaders à un poste de portée mondiale et pour contester des décisions perçues comme injustes dans un domaine qui touche à l’honneur sportif national. Les prochaines heures et jours diront si Macky Sall franchira le seuil du secrétariat général de l’ONU et si les avocats sénégalais pourront renverser la décision de la CAF.

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