La bataille des chiffres s’installe à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, fer de lance de l’opposition, vient de déposer une demande officielle pour la création d’une commission d’enquête parlementaire. En ligne de mire : l’utilisation par le gouvernement des « Total Return Swaps » (TRS), un mécanisme financier complexe ayant servi à lever 426 milliards de FCFA sur les marchés internationaux.
Dakar, Sénégal – L’opposition parlementaire passe à la vitesse supérieure. Par la voix de sa présidente, Aïssata Tall Sall, le groupe Takku Wallu Sénégal a saisi le bureau de l’Assemblée nationale. L’objectif est clair : faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles le Sénégal a contracté un emprunt massif de 650 millions d’euros (environ 426 milliards de FCFA) en 2025 auprès de l’Africa Finance Corporation et de la First Abu Dhabi Bank.
Le TRS : Un instrument qui divise
Le Total Return Swap (TRS) est un outil de la finance internationale qui permet d’obtenir des liquidités immédiates en transférant temporairement les risques et rendements d’un actif. Si pour le gouvernement, il s’agit d’une ingénierie financière classique, l’opposition y voit une manœuvre pour « cacher » le niveau réel de l’endettement du pays, suite à des révélations initiales du Financial Times.
Transparence contre « Dette cachée »
Le gouvernement, par l’intermédiaire du Ministre des Finances et du Budget, rejette fermement ces accusations de dissimulation :
- Communication publique : Le ministre a assuré, le 26 mars 2026, que le recours au TRS figure explicitement dans le rapport financier annexé à la loi de finances 2026.
- Légalité : Selon les autorités, ces opérations ont été menées dans la transparence totale et en parfaite maîtrise des risques financiers.
- Contrôle : Le ministère affirme avoir maintenu une « communication responsable » tant devant les députés que face aux partenaires internationaux du Sénégal.
Un test pour la majorité parlementaire
Cette demande de commission d’enquête est la première offensive d’envergure du groupe Takku Wallu depuis les législatives de novembre 2024. Elle promet des débats houleux à l’hémicycle et oblige le gouvernement à justifier ses choix stratégiques en matière de gestion de la dette souveraine.
