L’affaire des véhicules de l’Assemblée nationale sénégalaise rebondit. Alors que la commande de nouvelles voitures pour les députés avait déjà suscité une vive polémique dans un contexte de tension budgétaire, Les Échos révèle que les membres du bureau de l’Assemblée souhaitent désormais conserver leurs anciennes voitures en plus des nouvelles qui viennent de leur être livrées.


Une polémique qui s’emballe

La commande de nouveaux véhicules pour les parlementaires sénégalais avait fait grand bruit. Dans un pays où le gouvernement prêche la rigueur budgétaire et où les grèves dans l’éducation et la santé traduisent un manque criant de ressources publiques, l’acquisition de voitures neuves pour les élus avait été perçue par une large partie de l’opinion comme un signal désastreux. Les conditions d’acquisition, jugées opaques, avaient amplifié la controverse.

Malgré les critiques, l’Assemblée nationale avait maintenu la commande et procédé à la livraison des véhicules. Une décision présentée comme définitive – jusqu’à ce nouveau rebondissement.


Le bureau veut deux voitures par membre

Selon Les Échos, la question du sort des anciennes voitures était inscrite à l’ordre du jour de la réunion du bureau de l’Assemblée tenue lundi dernier. Et la position des intéressés est sans ambiguïté : les membres du bureau – vice-présidents, secrétaires élus et questeurs — ainsi que les présidents de commission entendent conserver leurs anciens véhicules en sus des nouveaux.

L’argument avancé puise dans la tradition institutionnelle : « C’est comme ça que les choses ont toujours marché. Les membres du bureau et les présidents de commission ont toujours eu deux voitures », indique le journal, citant des sources proches du dossier.


Un précédent qui interroge sur la culture de la dépense publique

Cette révélation intervient dans un contexte particulièrement sensible. Le gouvernement de Ousmane Sonko a fait de la rationalisation des dépenses publiques et de la lutte contre les privilèges de l’ancien régime l’un de ses axes de communication les plus forts. Voir les parlementaires — fussent-ils de la majorité présidentielle – revendiquer le droit à deux véhicules chacun risque fort d’alimenter un sentiment d’impunité et de deux poids deux mesures dans l’opinion publique.

La question qui se pose désormais est simple : qui, du bureau de l’Assemblée ou du gouvernement, aura le dernier mot sur la gestion de ce parc automobile ? Et surtout, que deviendront les anciennes voitures si elles ne sont pas restituées – vendues, cédées, ou simplement conservées dans les garages des élus ?

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