Le constat est alarmant. La Falémé, poumon hydrique de la région de Kédougou, se meurt sous le poids de la pollution et de l’exploitation minière effrénée. Dans un entretien accordé à l’APS, le préfet de Saraya, Babacar Niang, dresse un tableau sombre : l’eau est devenue impropre à la consommation, la biodiversité est menacée et la pénurie d’eau potable frappe désormais le cœur des localités.
Saraya, Sénégal – Entre orpaillage clandestin, sociétés semi-mécanisées et grandes entreprises minières, la pression sur les ressources naturelles du département de Saraya a atteint un point de non-retour.
Une pollution multi-acteurs
Contrairement aux idées reçues, le préfet souligne que l’orpaillage artisanal n’est pas le seul responsable.
- Responsabilité partagée : Les grandes entreprises minières et les unités semi-mécanisées sont pointées du doigt pour leur impact sur la nature, malgré les études d’impact environnemental.
- Le danger des « fosses abandonnées » : Le préfet déplore que des sociétés quittent les sites en laissant des fosses béantes. Celles-ci sont ensuite squattées par des orpailleurs clandestins, aggravant le risque d’accidents et la pollution des sols.
La Falémé sous surveillance haute sécurité
Pour freiner ce désastre, les autorités ont pris des mesures radicales :
- Rayon de protection : Suspension de toute activité minière dans un rayon de 500 mètres autour du fleuve.
- Patrouilles de sécurité : Les forces de défense et de sécurité (FDS) veillent à l’application stricte de cette mesure.
- Lutte contre les dragues maliennes : Le préfet a salué la collaboration des communautés locales qui dénoncent l’intrusion de dragues venant de la rive gauche (Mali). Ces engins, dévastateurs pour le lit du fleuve, sont régulièrement démantelés par les FDS.
Soif à Saraya : Un paradoxe géologique
Malgré la présence d’un fleuve majeur, le département souffre d’une pénurie d’eau potable sévère.
- Le problème : Un « blocage géologique » rend l’accès aux nappes phréatiques difficile. Même avec trois forages, la commune de Saraya peine à s’approvisionner.
- La solution : En attendant des investissements lourds étudiés par l’OFOR et l’UCAD, le préfet mise sur la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE). Les sociétés minières de la zone ont été sollicitées pour construire de nouveaux forages et soulager les populations.
L’autorité administrative appelle à un sursaut citoyen pour l’entretien des installations existantes et à une vigilance accrue pour sauver ce qui reste de l’écosystème de la Falémé.
