C’est le véritable top départ de l’acte II du quinquennat. Ce vendredi 5 juin 2026, le chef de l’État préside le tout premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale. Ce conseil se tient quatre jours seulement après la publication de la liste officielle des membres de l’Exécutif et au lendemain d’un marathon de passations de services qui se sont déroulées ce jeudi.
À la table du Conseil, le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô (60 ans), économiste de formation et ancien directeur national de la BCEAO, installe une équipe profondément remaniée pour répondre à une logique d’efficacité.
👥 Un attelage de 30 ministres : Les visages de la nouvelle dynamique
Le gouvernement compte précisément 30 ministres, parmi lesquels figurent 18 nouveaux membres qui intègrent l’équipe, actant la rupture définitive et la non-participation des cadres de PASTEF.
Le panorama des grands mouvements et des nouveaux profils stratégiques :
- Le retour des piliers : Mouhamadou Makhtar Cissé effectue son grand retour au ministère de l’Intérieur, un poste stratégique qu’il avait déjà occupé au début de l’année 2024 pour piloter l’organisation de la Présidentielle. De son côté, l’avocat Me Moussa Sarr prend les rênes de la Justice.
- Les chassés-croisés et promotions : Boubacar Camara, ancien ministre secrétaire général du gouvernement sous Ousmane Sonko, glisse vers l’Enseignement supérieur. Cheikh Oumar Ba, chercheur et ancien directeur de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), est appelé à diriger l’Agriculture, la Souveraineté alimentaire et l’Élevage.
- L’ouverture aux députés et alliés : Fait marquant, Marie Angélique Sélbé Diouf (jusque-là députée) hérite de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités en remplacement de Maïmouna Dièye. Un autre député, Abdou Lahat Ndiaye, prend le contrôle des Transports terrestres et aériens. Alpha Thiam et Amy Mara Dièye (membres de la coalition Diomaye Président) héritent respectivement de la Culture et de la Pêche.
- Les nouveaux technocrates : Samba Diouf prend les Télécommunications. Mamadou Laine Dianté quitte le Haut conseil du dialogue social pour la Fonction publique. Idrissa Samb arrive à l’Émulation et à la Formation professionnelle, tandis que Cheikh Oumar Seck prend les Mines et Aliou Gory Diouf l’Environnement. Ousmane Diagne (Élevage) et Mame Coumba Diop (ministre déléguée à la Culture et au Patrimoine) complètent l’ossature des entrants. Au Budget et à l’Économie, Bassirou Sarr et Allé Nar Diop sont nommés ministres délégués pour épauler le ministre de tutelle.
- Le genre au gouvernement : Au département de la Jeunesse et des Sports, une femme en remplace une autre : Djirèye Clotilde Coly prend la succession de Khady Diène Gaye.
⚙️ Cohérence institutionnelle : Les grands chantiers d’Ahmadou Al Aminou Lô
Pour le Premier ministre, ce remaniement répond d’abord à un impératif de rationalisation de l’appareil d’État. Il a tenu à expliciter la cohérence structurelle de son équipe autour de trois réaménagements majeurs :
- La fusion de l’Économie et des Finances : Le nouveau ministère de l’Économie, des Finances et du Plan résulte de la fusion des deux anciens départements ministériels afin de garantir une harmonisation totale de la politique macroéconomique, appuyé par deux ministres délégués.
- Le pôle Communication sanctuarisé : Les attributions en matière de communication ont été retirées des Télécommunications pour être transférées directement au Porte-parole du gouvernement, élevé pour l’occasion au rang de ministre plein.
- L’autonomie des Mines : Le secteur de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a été délesté de ses compétences minières, désormais transférées à un ministère exclusif des Mines et de la Géologie.
📈 L’analyse de SAMI24TV : Un gouvernement sous obligation de résultats
“Nous avons un gouvernement de mission et d’obligation de résultats qui a un socle politique et un socle technocratique”, a martelé le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô.
À travers ce premier Conseil des ministres, le chef du gouvernement et le président de la République affichent leur volonté de « maintenir le cap » tout en opérant un changement de méthode drastique. L’objectif est clair : axer l’effort sur la cohérence institutionnelle, solliciter les compétences nationales et de la diaspora, et accélérer la mise en œuvre des politiques publiques pour répondre concrètement aux urgences des Sénégalais. Le temps des discours est révolu, place aux résultats.
