Le feuilleton de la cohabitation institutionnelle se déporte désormais sur le terrain judiciaire. Ce lundi 8 juin 2026, le Conseil constitutionnel a officiellement reçu la requête de plusieurs députés de l’opposition. Ces parlementaires contestent vigoureusement la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Hémicycle ainsi que son élection-éclair à la présidence de l’Assemblée nationale survenue le 26 mai 2026. Selon des informations exclusives d’Emedia, les Sages font face à un compte à rebours et disposent d’un délai maximal d’un mois pour rendre leur verdict.
📜 L’argument juridique : L’article 54 de la Constitution au cœur du litige
Dans leur communiqué officiel, les parlementaires requérants fondent leur recours sur une interprétation stricte des textes fondamentaux de la République :
- L’incompatibilité des mandats : L’opposition estime que la réintégration de l’ancien Premier ministre viole frontalement l’article 54 de la Constitution, qui consacre l’incompatibilité stricte entre le mandat de député et l’exercice de fonctions au sein du gouvernement.
- Le point de non-retour : Les signataires de la saisine soutiennent qu’en acceptant sa nomination à la Primature en avril 2024, Ousmane Sonko a, de facto, acté une « renonciation définitive » à son mandat parlementaire de l’époque. Selon leur ligne de défense, toute procédure visant à lui restituer son siège de député après son départ du gouvernement est juridiquement irrégulière.
🛑 Une bataille de procédure et des accusations d’obstruction
Au-delà du fond du dossier, les députés de l’opposition dénoncent une opacité administrative au sein de l’Assemblée nationale. Ils affirment avoir mandaté un huissier de justice pour obtenir la transmission officielle de deux pièces maîtresses :
- L’acte officiel de réintégration d’Ousmane Sonko.
- Le procès-verbal de la séance plénière électrique du 26 mai 2026.
Selon leurs déclarations, ces démarches sont restées vaines, se heurtant à un refus de délivrance de la part des services de l’institution. À travers cette saisine de la dernière chance, les requérants demandent expressément aux Sages du Conseil constitutionnel de trancher la légalité de cette opération et de garantir le respect des normes constitutionnelles.
