C’est l’épilogue judiciaire d’une affaire hors norme qui avait profondément secoué la cité religieuse de Touba et l’opinion publique nationale. Ce lundi 8 juin 2026, la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Diourbel a prononcé une condamnation exemplaire de 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre d’un maître coranique pour des faits d’une extrême gravité : viol et pédophilie sur 28 de ses jeunes pensionnaires.
🚨 L’horreur au daara : 28 victimes, des vies brisées
Le mis en cause, qui gérait une école coranique au quartier Keur Gol à Touba, répondait d’un calvaire de masse imposé à de jeunes filles qui lui avaient été confiées pour leur éducation spirituelle.
- Le réquisitoire implacable : Lors des débats, le Procureur de la République a mis à nu la terrible réalité des faits. Sur les 28 fillettes et adolescentes victimes d’abus sexuels, 18 ont perdu leur virginité.
- Les preuves scientifiques : Le ministère public s’est appuyé sur les témoignages concordants et traumatisants des victimes, mais également sur des rapports gynécologiques accablants, délivrés par des médecins assermentés après l’éclatement du scandale.
- La stratégie de la défense : Face à l’horreur, l’avocat de la défense a tenté de plaider l’acquittement pur et simple. À défaut, il a demandé une dispense de peine assortie d’un placement dans un centre de prise en charge psychiatrique sous bracelet électronique, évoquant une altération mentale de son client. Une ligne de défense balayée par les juges.
⏳ Retour sur les faits : Une longue cavale après la dénonciation
L’affaire avait éclaté au grand jour en mai 2023, lorsqu’une jeune fille courageuse avait fini par briser la loi du silence en confiant à sa mère les abus qu’elle subissait au daara.
Saisie immédiatement, la Brigade de recherches de Touba avait ouvert une enquête approfondie. Sentant le vent tourner, le maître coranique avait pris la fuite. Après une cavale de plusieurs jours qui avait suscité une vive tension, le fugitif s’était finalement résolu à se rendre de lui-même au Commissariat spécial de Touba pour faire face à la justice.
📑 L’analyse de SAMI24TV : Un signal fort contre l’impunité dans les daaras
Ce verdict maximal de 20 ans de réclusion criminelle est un signal extrêmement fort envoyé par la justice sénégalaise, particulièrement depuis la criminalisation du viol dans le pays. Alors que le débat sur la modernisation, le contrôle et la protection des enfants au sein de certaines écoles coraniques non réglementées reste un sujet brûlant, cette décision vient rappeler que l’enceinte religieuse ne saurait servir de sanctuaire à l’impunité ou à la prédation sexuelle.
