La démocratie sénégalaise vient de vivre l’une des pages les plus sombres de son histoire parlementaire. Ce lundi 29 juin 2026, la séance plénière qui devait examiner la révision de la Constitution a basculé dans un chaos descriptible.

Un bras de fer d’une violence institutionnelle inouïe a opposé le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, au président du groupe parlementaire de l’opposition Takku Wallu Sénégal, Abdou Mbow. L’incident a nécessité l’intervention physique des forces de l’ordre au cœur de l’hémicycle.

⚡ 1. Le déclencheur : « Vous quittez ou je vous fais quitter ! »

Le feu aux poudres a été mis lors d’une bataille de procédure légale :

  • Le rejet de la question préalable : Monté à la tribune, Abdou Mbow défend une « question préalable » pour bloquer et interrompre immédiatement l’examen du texte de Pastef. Mais le président de la Commission des lois, Me Abdoulaye Tall, et le patron des députés de Pastef, Ayib Daffé, ripostent et demandent à l’Assemblée de passer outre. La requête de l’opposition est rejetée.
  • Le choc au pupitre : Refusant de s’avouer vaincu, Abdou Mbow tente de réoccuper le micro pour une nouvelle intervention. Au perchoir, Ousmane Sonko s’y oppose fermement, ordonne de couper son micro et lui intime l’ordre de dégager le pupitre. Face à la résistance du député, le président de la Chambre lâche une phrase couperet :

« Vous quittez ou je vous fais quitter ! » — Ousmane Sonko à l’endroit d’Abdou Mbow.

🥊 2. Bousculades à la tribune et intervention des gendarmes

Faisant fi des menaces, Abdou Mbow reste stoïque au pupitre, soutenu par les députés de Takku Wallu Sénégal et des Non-Inscrits qui forment un bouclier humain autour de lui.

Ousmane Sonko décide alors de dérouler de force l’ordre du jour et donne la parole à Guy Marius Sagna pour ouvrir les débats généraux. Dès lors, la plénière bascule dans l’irréel :

  1. Le vacarme : L’intervention de Guy Marius Sagna est totalement rendue inaudible par les hurlements et les tapages de l’opposition sur les tables.
  2. La bousculade : Plusieurs élus de la majorité foncent vers la tribune pour déloger le contestataire. La députée de Pastef Marième Mbacké tente d’extirper Abdou Mbow de force, déclenchant des bousculades électriques. Ousmane Sonko hurle à ses troupes de regagner leurs sièges pour éviter une bagarre générale.
  3. L’assaut de la gendarmerie : Constatant le blocage total, le président de séance actionne le protocole de sécurité. Les éléments de la gendarmerie nationale pénètrent dans la salle des séances et évacuent manu militari Abdou Mbow sous les huées.

🚪 3. Boycott massif : Une réforme votée dans le vide

L’expulsion par la force du chef de file de l’opposition a provoqué une onde de choc immédiate. En signe de protestation contre ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire, l’intégralité des députés du groupe Takku Wallu Sénégal ainsi qu’une grande partie des Non-Inscrits ont quitté l’hémicycle.

La séance se poursuit désormais sans l’opposition. Ce projet de révision constitutionnelle, déjà contesté par la société civile et le camp de Mimi Touré, est en passe d’être voté dans une ambiance de rupture institutionnelle totale, fragilisant d’avance la légitimité des futurs textes.

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