« Les bulletins de vote des Sénégalais étaient aussi des bulletins pour l’abolition des privilèges aussi superflus qu’indus ». Cette déclaration du député Guy Marius Sagna résonne comme un rappel ferme adressé au pouvoir en place, sur le sens réel de la rupture exprimée par les citoyens lors de la dernière présidentielle.
Pour l’élu de l’Assemblée nationale, le message sorti des urnes ne se limitait pas à une simple alternance politique. Il traduisait une exigence claire de rupture avec un système de privilèges injustifiés, longtemps décrié par les Sénégalais. Guy Marius Sagna estime aujourd’hui que certains actes posés au sommet de l’État contrastent avec cette volonté populaire.
« Au même moment où le Président de la République distribue des billets de pèlerinage, moi, député, je reçois chaque jour les préoccupations urgentes des Sénégalais que je transmets au gouvernement, lequel met du temps à les régler », a-t-il déploré, pointant un décalage entre les priorités institutionnelles et les réalités sociales.
Cherté de la vie, accès aux soins, emploi, logement : autant de préoccupations jugées pressantes et documentées, selon le parlementaire. S’il reconnaît que les transformations structurelles nécessitent du temps — rappelant que « Ndar ne s’est pas faite en un jour » — Guy Marius Sagna refuse que cette réalité serve d’alibi au maintien de pratiques héritées de l’ancien système.
Pour lui, la patience des citoyens trouve ses limites lorsque persistent des symboles de privilèges étatiques, perçus comme contraires à l’esprit de justice sociale et de sobriété républicaine.
L’élu insiste sur la nécessité d’une exemplarité immédiate au sommet de l’État, de la Présidence à l’Assemblée nationale. Il appelle à une remise en cause sans délai de ce qu’il qualifie de privilèges « superflus et indus ».
Selon Guy Marius Sagna, l’abolition de ces avantages ne fragiliserait pas les institutions, mais constituerait au contraire une mesure essentielle pour restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés, et pour donner un contenu réel au changement attendu par les Sénégalais.
Pour le député, ce combat n’a rien de secondaire. Il se situe au cœur même de la refondation de l’action publique, rappelant que l’engagement politique doit avant tout servir le peuple, et non se confondre avec des avantages liés au pouvoir.
