C’est un véritable séisme judiciaire qui vient de secouer le dossier Farba Ngom. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a prononcé l’annulation totale de la procédure engagée contre le maire des Agnam dans le volet dit des « téléphones portables ». Ce vice de forme, lié à l’immunité parlementaire, fragilise l’ensemble des poursuites dans cette affaire aux ramifications financières colossales.
Dakar, Sénégal – Le quotidien L’Observateur rapporte un coup de tonnerre juridique ce vendredi. Les juges de la Chambre d’accusation ont invalidé l’intégralité des actes d’enquête préliminaire ainsi que les réquisitoires du procureur visant Farba Ngom. En clair, les PV numéros 26 et 50 de janvier 2026, ainsi que les réquisitoires de janvier et février, sont frappés de nullité absolue.
Une victoire décisive pour la défense
Incarcéré depuis février 2025 et actuellement soigné au Pavillon spécial, Farba Ngom voit l’étau se desserrer. Son avocat, Me Baboucar Cissé, a salué une « décision juste », estimant que son client sortait enfin du « tunnel de l’acharnement ».
L’absence de pourvoi en cassation de la part du parquet général pourrait signifier la fin définitive des poursuites pour ce volet spécifique. Cette annulation pourrait, par ricochet, avoir des conséquences sur le dossier plus vaste des 125 milliards de FCFA.
Le vice de procédure : L’immunité parlementaire au cœur du débat
La chute de la procédure repose sur une erreur stratégique du parquet. Tout commence en janvier 2025, lorsque deux téléphones portables sont découverts dans la cellule de Farba Ngom à Rebeuss. Suite à cela, l’homme politique avait été :
- Extrait de sa cellule ;
- Placé en garde à vue ;
- Inculpé pour introduction d’objets prohibés, corruption active et violation du secret de l’instruction.
Le problème ? Tous ces actes d’enquête ont été menés alors que Farba Ngom bénéficiait toujours de son immunité parlementaire pour ces nouveaux faits. Le procureur n’avait sollicité la levée de cette immunité qu’en février 2026, soit après avoir réalisé les actes d’enquête. Un anachronisme procédural que la Chambre d’accusation a jugé fatal pour la validité du dossier.
Vers une remise en liberté ?
Cette annulation replace Farba Ngom dans une position juridique favorable. Bien que le dossier financier global reste complexe, l’annulation de ce volet « disciplinaire » et « pénal » lié à sa détention affaiblit l’accusation. La communauté politique et juridique attend désormais de voir si cette décision ouvrira la porte à une remise en liberté prochaine de l’ancien député-maire.
