Le bras de fer entre la Gendarmerie nationale et les députés de la majorité parlementaire vient de franchir un nouveau cap d’une extrême intensité. Visé par une procédure judiciaire, le député panafricaniste Guy Marius Sagna a officiellement annoncé avoir refusé de se présenter devant les enquêteurs de la Section de Recherches (SR) ce lundi à 10 heures. Une décision mûrement réfléchie et consignée dans un mémorandum de quatre pages transmis aux autorités.

Un refus assumé au nom du respect des institutions

Convoqué pour une « affaire le concernant », le parlementaire phare de PASTEF a choisi la ligne de la résistance institutionnelle. Soucieux d’anticiper les critiques sur une éventuelle rébellion, Guy Marius Sagna a tenu à dissiper immédiatement tout malentendu sur sa démarche :

  • Pas de défiance : Son refus ne traduit en aucun cas un manque de respect envers le personnel de la Gendarmerie nationale ou une quelconque défiance à l’égard de la justice sénégalaise.
  • Une protection de la loi : C’est, selon lui, tout l’inverse. Le député affirme agir ainsi pour « refuser et empêcher que la gendarmerie et la justice soient mêlées à une entreprise qui va jeter le discrédit sur elles ».

La triple arme juridique de Guy Marius Sagna

Pour légitimer son refus de répondre à la convocation de la SR, l’élu s’est blindé derrière un arsenal juridique national et international. Il affirme que cette convocation viole simultanément trois instruments majeurs :

  1. La Constitution du Sénégal : En référence directe aux textes protégeant le mandat des élus.
  2. Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Qui encadre strictement les poursuites contre les parlementaires.
  3. Le Règlement intérieur du Parlement de la CEDEAO : Une instance internationale dont il est également membre.

Guy Marius Sagna a formellement transmis un document écrit de quatre pages aux autorités compétentes pour détailler ces violations. Il dit espérer que cette note technique « les convaincra de l’erreur qu’ils ont commise » en l’ayant convoqué.

Analyse : Vers un mandat d’amener ou un recul du Parquet ?

Cette annonce intervient quelques heures seulement après les vives contestations du groupe parlementaire PASTEF dénonçant une violation de l’immunité parlementaire. En refusant publiquement de se rendre à la caserne, Guy Marius Sagna accule le Procureur de la République.

Soit le Parquet général ordonne l’usage de la force publique via un mandat d’amener — ce qui équivaudrait à une déclaration de guerre totale à l’Assemblée présidée par Ousmane Sonko —, soit la gendarmerie suspend la procédure en attendant une demande formelle de levée de l’immunité parlementaire. Le sommet de l’État avance en terrain miné.

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